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Alors voici, un texte dont vous vous moquez parce qu'il ne vous concerne pas, une vie comme une autre dont vous n'avez rien à faire parce que ça ne vous concerne pas. Vous vous en branlez car vous ne l'avez jamais connu, et bien moi je m'en branle que tout le monde se branle de la souffrance des autres, moi je la raconte qu'elle soit lue ou non.
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Cet
homme, un specimen
rare et
méconnu, qualifié de grand "
ourse" c'est un grand
réfractaire à la douceur. C'est mon grand père, plus courrament appelé "
Pépé".Depuis maintenant trois jours, on m'empêche de dormir, une douleur qui se situe entre le coeur et la gorge.
" Pépé", je l'ai connu, il était déjà en retraite, je l'ai connu, il était là pour moi, je l'ai connu, il m'a fait rire, il m'en a racontait des belles.
On a fait les
cons, on en a partagé des
conneries.
"Pépé" est aussi très routinier, tous les matins à la maison vers
10 heures et le soir vers
17 h 15.
Dans le temps, c'était deux/ trois
clopes, deux/ trois
verres.Plus récemment, deux/trois cappuccino et un bonbon sans sucre.
" Pépé" c'est l'homme
dur, c'est l'homme
fort.
Il en a fait rire des connards qui étaient au plus bas et lui, on croyait que jamais il tomberait avec sa
cigarette et ses
grosses lunettes.________________________________________________________________
Et puis là, cette année 2007.
On apprend que l'intouchable est touché, pire que ça, infecté:Cancer des poumons/
Cancer de la prostate...
Perte d'un poumon...
Perte de l'usage d'un bras...
Perte de tension...
Perte de parole...
Perte d'équilibre...
Deuxième poumon
atteint..."J'aimerais que ça s'arrête là", je leur ai dis, et puis une
personne de la famille, proche ami, tout en grâce et en finesse.
" Avec tout ce qu'il a, il ne passera jamais 2008, c'est ce que j'ai entendu, c'est ce qu'on ma dit"Et toi? On t'as déjà dis que la délicatesse ça existe, que les
sentiments ça se manient pas comme à la
boucherie ?
Et je les vois,
parlant de mort,
parlant de lui, comme si il n'était plus là, comme si,
il n'existait pas.
Mais pourtant,
il est là, il l'a toujours été, et je n'imagine mal ça, changer.
Je les vois mais surtout je les entends,
une personne,
deux personnes,
trois personnes à tenir le même discours.
Mais surtout, je le vois, dans son lit
d'hôpital, désespéré, avec son
mauvais caractère encore intact mais affaiblie et mutté en sous entendu morbides.
Je le vois dans un état qui me
choque, la personne qui
peine à parler, qui n'est qu'un tas d'os avec juste la peau dessus, qui ne marche plus, qui bouge à
peine...... Ce n'est pas mon "pépé".
Je ne demande
rien, j'ai
subis et j'ai
fermé ma gueule quand les autres allaient
mal, je m'apprête à perdre une meilleure amie,la vie l'a éloigné...
Je
subis des parents qui ternissent l'univers enfantin...et je l'accepte...
Je n'accepterais pas qu'on m'enlève mon "
Pépé", parce que c'est un
morceau de moi...Alors relève toi et une fois de plus, râle et fais leur fermer leur gueule.Je mouille mes joues pour te l'écrire et te le dire.
Parce que je t'aime.
Sophie.
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